Jeudi 5 février 2009
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08:25
Il est une femme aux seins bleus. Un jour alors qu’elle s’apprête près de sa maison, l’aigle aux ailes de cire se pose sur son ombre. La femme aux seins bleus
s'immobilise pendant que l’aigle la fixe de ses deux yeux noirs. La femme aux seins bleus jette un regard baigné de larmes vers la chaumière où ses enfants l’attendent devant l’âtre. Le soleil se
couche sans fin alors que l’ombre se répand sur le sol. Á la tombée de la nuit, l’aigle prend son envol. La femme aux seins bleus reste de cire, pétrifiée au milieu de la clairière. Depuis l’eau
coule sans jamais s’arrêter et un aigle vient planer parfois au coucher du soleil. Il a deux yeux qui brillent comme des perles. La clairière est opulente et l’eau de la fontaine est de
réputation légendaire. La femme aux seins bleus attire de nombreux curieux qui songe à une vie rêvée pour leurs enfants.
Processus de création : improvisation solo de 5 minutes. Re-écriture : 20mn.
Par L'imprompteur
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Publié dans : Histoire écrite en 5 minutes
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Dimanche 5 octobre 2008
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10:53
Expo photo avec les sous titres: Naissance du geste, mouvements fleurs de l'instant, les chevaux du lac, l'homme qui marche, la faune en mouvement, va et vient
urbain, quand l'âme danse...
Le photographe qui a pour ambition de capter le mouvement est comme un papillon qui voletterait autour d’une flamme, comme un cycliste parrainé par le mythe d’Icare
qui arpenterait une falaise pour lui chercher un col. Ce n’est pas de sa faute au photographe. À vouloir approcher le mouvement par le figement, à vouloir défier le principe d’incertitude de la
nature, le photographe tente de capter « la vitesse de dieu en plein vol »*. Le comble, le scandale c’est qu’il y arrive. Ou qu’il feint de nous faire croire qu’il arrive à ses fins.
Comment cela est-il possible ?
Primo, son intention. Son geste gratuit est un pied-de-nez au sens commun. Il a en cela déjà gagné les premières faveurs de notre regard.
Secondo, le mouvement a ceci de mystérieux qu’il est associé à toute turbulence. Le mouvement turbulent est incontrôlable par essence. Dans ce mouvement
aléatoire, il y a parfois une part d’apaisement. C’est cette aire de repos sur l’autoroute de la turbulence que le photographe réussit à prendre dans l’écheveau de ses filets.
Concluso, Oui. Le photographe médite sur le trop-plein d’images qui vont et viennent. Il est un bonze qui marche. Ce n’est pas de sa faute au photographe, il
cherche le déclic en écoutant son diaphragme et quand il le trouve, nous livre sa rosée de la turbulence : la fleur de l’instant.
Aphorisme
Le mouvement ment. La vie existe. La faute à qui ? La photographie.
*: Jankélévitch
Par L'emporte-texte
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Publié dans : Écriture classique
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Jeudi 10 juillet 2008
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21:42
« Pour moi l'impro, ce n’est pas une sous-forme, une petite forme de l'écriture, c'est déjà de l'écriture ! »
Philippe Caubère
Les techniques d’improvisation théâtrale se fondent sur la première intention. Aborder dans la première partie de l’atelier des exercices privilégiant une
expression verbale vive et sans retenue. Ecrire petit à petit quelques bribes de poèmes en profitant des associations incongrues que peut procurer le jeu improvisé. Sans faire appel à notre
esprit critique. Introduire petit à petit des contraintes afin de structurer le texte improvisé. Jouer avec les mots et scander seul ou en groupe des poésies qui auront toute la modestie d’un
premier jet.
Cet atelier s’adresse à tous ceux qui aiment les mots et veulent profiter des techniques d’improvisation pour explorer le plaisir de la diction et de la création poétique improvisée. Cet atelier
constitue également un excellent moyen de s’initier au « Slam ».
Par Christophe Tournier
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Publié dans : Exercices
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Dimanche 6 juillet 2008
7
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21:38
La félure habite au sommet du village. Elle est une vieille femme ridée comme la mer vue du ciel,
comme un champ de blé foulé aux pieds. Sa bicoque est au sommet du village. Une vieille ampoule jaune et luisante comme un soleil trône près de sa cheminée. La vieille est ronchonne. Ses os
grincent quand elle marche à la façon d’un corbillard. On la fuit quand on la croise, la fêlure. La vieille ampoule jaune se voit à mille lieux à la ronde de sorte qu’on ne saurait reconnaître
ll’étoile du berger au dessus de
l’église, . Le curé en perd son latin, lui qui sermonne chaque dimanche terre et ciel. Son regard aimanté au nord appelle à la restitution de l’ordre des choses, l’étoile la grande se détachant
de la nuit obscure, son halo pâle illuminant le clocher. Le curé maugrée ses serments comme la fêlure vitupère. Il se ronge les sangs et ses dents se frottent les unes contre les autres comme une
vieille porte qui grince. Les nuits noires ne sont plus de ce monde et les jours sont creux, manquant d’apaisement. Sur l’instigation du curé, raide comme un glaçon dans sa bure, le village
arpente la colline pour s’en aller se frotter à la vieille. La vieille approche son œil vitreux de l’œillère et ouvre sans rechigner la chevillière. On palabre. Dans la lumière, la fêlure se
faufile le long du mur en faisant claudiquer sa vieille dent contre le monde. Puis l’ampoule frétille comme une luciole et éclate. La bicoque est une nuit noire à elle seule. La vieille s’est
évaporée dans le claquement de l’ampoule électrique. Il suffisait d’avoir le coeur de lui demander. Et la vieille s’en est allée, elle qui avait volé l’étoile du berger. Désormais la vieille
étoile libérée trône au-dessus de l’ombre du clocher. Premier trou de lumière, prêt à fendre le ciel jusqu’à l’aube.
Processus de création :
1.Conte improvisé lors d'une soirée Slam
2. Réécriture le soir même de mémoire (5mn)
3. Polissage (10mn)
Par L'imprompteur
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Publié dans : Texte improvisé
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Vendredi 20 juin 2008
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08:22
Dans la grande salle du refuge de l'aiguille du midi, les alpinistes côtoient les touristes en goguette. Ils ont l'élégance
altière de ceux qui reviennent avec le sceau du secret. Ils n'ont pas de mot pour décrire la limite. Le touriste jouit de ce bonheur palpable mais souffre de son décalage.
Parfois survient une égérie, encore possédée par sa confrontation à la grande vasque retournée. Elle dépose ....piolets et
crampons. Ses yeux tambourinent le soleil.
Pour l'admirer en toute quiétude, un sbire se plante sur le comptoir tel un rocher. Des paparazzis au ventre
rebondi s'empaillent en horde d'oiseaux investissant les hauteurs: bord de fenêtre, marches d'escaliers... D'autres adoptent la posture du roseau.
Corps flamboyant, taillé au couteau par l'effort, l'indicible se baigne sereinement dans l'écume de la
foule.
Par Christophe Tournier
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Publié dans : Écriture classique
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Jeudi 5 juin 2008
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19:30
Le précipice roule sous le sentiment de l'absence, dans la fièvre des boudoirs, dans la génuflexion de l'instant. Arbitre, l'onde en
caillebottis révulse la rixe de la vente. Le boulevard étuve les calembours et l'amère feinte occit l'ire du chapeau. Bateau cible heurté à la conception, bulle affable et rétive guêtre, la
petite dame a les pieds lourds. La lunette noire assourdit sa joue gantée de crème. Ses malheurs brillent par l'hémicycle de son pas. Elle ahane avec la frémissante palombe. Oeil obséquieux.
Calice pondéré d'un sable gouleyant: il faut avancer pour se faire monde.
Principe de l'exercice : Dire les mots qu'il plaît de prononcer en respectant la syntaxe et la grammaire. Dissocier les mots
de leur sens et profiter des rencontres inopinées de ceux qui n'ont rien à faire ensemble.
Par L'imprompteur
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Publié dans : Écriture automatique
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Mercredi 4 juin 2008
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00:59
Miroslav, je ne sais pourquoi mais je me sens ce matin éperdument amoureux ! Quelle
merveilleuse sensation ! Je suis un travailleur acharné et solitaire. Je suis un homme endurci par tant de labeurs. J’ai sué depuis l’aube, éperdu de cet amour qui se dérobe et pourtant si
proche. Hélas je ne sais de qui je suis amoureux ! Qui est donc l’élu de mon cœur ? Je ne vois rien à travers la brume épaisse. Je ne vois même aucune icône sur laquelle épancher ma
dévorante tendresse. Quel enfer ! quelle étrange sensation de vide et de plénitude mélangés. Vous, Miroslav, le guide, celui qui me visite périodiquement avec sa robe de bure et ses encens.
Pourquoi me regardez-vous ainsi ? Vous qui maniez les forces obscures. Mais c’est vous... Je me souviens de votre étrange façon de contempler les cartes et de vos imprécations à double sens.
Miroslav, c’est donc vous, l’auteur de ce sortilège. Hier soir près du feu, à la lune noire, vous avez tenté de me rendre follement amoureux de vous. Mais je suis attaché au monde des femmes
comme à un rêve absurde, lien indélébile sous les orages, malgré l’isoloir qu’est ma demeure. D’ailleurs, la corde qui amarrait la barque au rivage, vous l’avez détachée cette nuit, sûr de votre
réussite. Miroslav, le mage a raté pour une fois sa cible, Quelque chose comme l’empreinte d’une femme a résisté en moi. Miroslav, le mage a été désavoué par le diable. Désormais, nous sommes
attachés l’un à l’autre, sur l’île. Nous allons devoir survivre face à face. Il ne reste qu’une solution Miroslav ! Usez de votre talent de mage et de vos restes de fumigations. Je vous ai
résisté cette nuit, mais cette fois vous réussirez. Vous ne voulez pas périr comme un arbre sec, Miroslav ? Vous ne voulez pas que nous finissions par nous entretuer, n’est-ce pas ?
Alors devenez femme. Je me rends sur l’autre côté de l’île. Vous aurez toute la nuit pour invoquer votre sorcellerie et laver l’affront. Quand je reviendrais, vous serez mienne. Belle
Miros ! Belle entre toutes, vous êtes condamné à devenir ma femme. À vous travestir pour l’éternité. J’étais juste amoureux de vous par avance. Quelle joie de vous voir ! vous avez
franchi tous les obstacles pour venir vivre avec moi! Ma recueillie… Mon insulaire…
Monologue improvisé + polissage 20 mn
Par L'imprompteur
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Publié dans : Monologue de personnage
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Mardi 3 juin 2008
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07:46
Politicien véreux, il avait été réduit aux acquêts pour cause d’abus de biens
sociaux.. Désormais, en retraite, il était maître de sa petite rue. Il rédigeait les comptes rendus à l’unanimité pour la copropriété et décidait du vent dans les alcôves et du ravalement des
façades. Il s’emportait souvent en vitupérant et finissait par décider seul de la raison. Mais la rue, un jour, gronda. Même le concierge vint lui faire quelques récriminations.
Il renoua avec sa jeunesse révolutionnaire. Il commit un attentat contre lui-même : il se suicida.
Trame : Histoire écrite en une minute / Polissage : 10 mn
Par Christophe Tournier
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Publié dans : Histoire écrite en 5 minutes
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Dimanche 1 juin 2008
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21:42
Ce blog est consacré à la poésie écrite à l'emporte-pièce, à l'écriture improvisée, au miracle de la langue sur le bout de la langue, à l'amour des mots... Il
s'intéresse au processus d'écriture et de création, aux mots scandés. L'improvisation, l'écriture spontanée et la poésie, sont ses credo. Il se veut laboratoire d'oralité pour son auteur et
atelier permanent. Exercices de scansion et de déclamation, premiers jets et polissages. Le blog explore l'arrière-cour de ces mots lancés à l'emporte-pièce en déclinant le processus de leur
création. Voici les différents processus de création... En général, une réécriture est faite de préférence très peu de temps après de manière à rendre le texte lisible et plaisant tout en tentant
de conserver la magie spontané du premier jet de l'écriture.
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Histoire écrite en 5 minutes
En général, en marchant, un thème se découvre sur la première phrase. Oralement, l'orateur termine son histoire au plus vite en quelques phrases.
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Monologue de personnage
Un personnage se découvre peu à peu au fur et à mesure de sa narration. L'improvisateur se laisse guider par les mots et ce personnage naissant. Assis sur une chaise, ou en marchant.
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Ecriture automatique
Ecrire sans se préocupper du sens, uniquement de la sonorité des syllabes et du plaisir de scander des mots.
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Texte improvisé
Démarrer avec quelques mots ou presque rien et oralement pendant une durée variable proférer le texte qui se construit au fur et à mesure.
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Aphorismes
Décliner de courts aphorismes en démarrant les premiers mots sans savoir où ils nous conduisent.
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Un poème par jour
Capter en toutes circonstances une impression, un sentiment et les transcrire sur papier. Le poète arpente le monde et se tient prêt à accueillir les mots à tout instant. Un long polissage peut
être nécessaire au poète pour aboutir au texte final.
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Spectacles Théâtre
Textes construits afin de répondre à une circonstance particulière lors d'un spectacle public.
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Feuilleton
Une manière d'improviser en écrivant une histoire sous la forme d'un feuilleton en ayant aucune
idée aprés chaque épisode de la suite à donner. Les feuiiletons littéraires étaient une pratique fréquente dans les journaux au XIXème.
Par Christophe Tournier
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